Les écrits qui font grandir

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Claude Ponti, Okilélé

Étant restée une enfant pendant une dizaine d’années, j’ai gardé de l’intérêt pour ce qu’on appelle la littérature jeunesse. Cette fois ci je fais une liste. Cela fait longtemps que j’ai envie de mettre sur papier cette bibliothèque jeunesse idéale, pour rendre hommage à ces auteurs et dessinateurs pas toujours honorés comme ils le devraient, et simplement pour m’en souvenir.

    • Eric Carle – Daddy, please bring the moon for me /The very hungry caterpillar / etc/
    • Michael Rosen, Helen Oxenbury – La chasse à l’ours
    • Elzbieta – Petit frère et petite soeur / Petit-gris et la misère / etc/
    • Grégoire Solotareff – Trois fantômes / Loulou / Toi grand, moi petit / etc/
    • Nadja – Chien bleu
    • Anaïs Vaugelade – Laurent Tout Seul
    • Shel Silverstein – L’arbre généreux
    • Quentin Blake – Le bateau vert
    • Anne Herbauts – Les moindres petites choses
    • Anne Brouillard – Le pays des Chintiens
    • Claude Ponti – tout

    On passe ensuite aux premières lectures et puis aux lectures tout court.

    • Solotareff et Nadja – Anticontes de fées
    • Henriette Bichonnier – La formidable ascension d’Adèle Lapinou / plein d’autres jolies choses  / en particulier  la série réalisée avec Pef des Princes de Motordu et autres Monstre Poilu
    • Pierre Gripari – Contes de la rue Mouffetard à écouter contés par l’auteur avant de les lire soi même
    • Michel Tournier – Pierrot ou les secrets de la nuit
    • François Place – Les derniers géants / etc…
    • Roald Dahl – tout
    • Marie Desplechins – Verte / Pomme / Mauve / Elie et Sam
    • Daniel Pennac – Kamo, etc
    • Diana Wynne Jones – Ma soeur est une sorcière
    • Tolkien – Bilbo 

    Probablement que j’ai raté quelques auteurs intéressants pour les jeunes lecteurs. Cela mériterait sûrement d’être enrichi.

    Soyons fous! Je crée un document partagé en accès libre, ouvert en modification à toute personne souhaitant participer à ce louable effort de récapitulation exhaustive des livres qui changent la vie d’un enfant ou d’un ado:

    https://docs.google.com/document/d/1LF3SbSIgX1siGtD2gwXvZBnmRlOfe284a0xR2rnV6Ok/edit?usp=sharing

    Parce que c’est important de bien nourrir les petites pousses qui nous entourent, et de continuer à nourrir en nous la petite pousse d’enfance, avec exigence et générosité.

Les écrits qui portent

Longtemps j’ai lu sans discernement et comme on fuit le jour. Puis on m’a donné de la lumière.

J’ai croisé les mots d’auteurs qui faisaient surgir en moi l’envie d’écrire. De ceux qui t’invitent à faire avec eux le voyage d’hiver. De ceux dont les mots ne ferment jamais de portes mais ouvrent toujours un peu plus loin le champs des possibles.

Enfant, j’avais une perception très naïve et simple du rapport que j’entretenais avec les livres que je lisais. Lire, c’était comme jouer d’un instrument de musique. Avec le recul, ce n’est pas toujours vrai. Selon les auteurs, on se retrouve parfois uniquement dans la position d’une personne qui écoute, embarqués dans un dispositif où notre intelligence et notre sensibilité ne sont pas réellement actives mais plutôt passives. Et c’est là ce qui différencie définitivement les « vrais », les « beaux » livres des moins beaux: ils nous offrent le plaisir du jeu, ils nous font grandir, ils nous aiguillonnent et nous glissent le stylo à la main.

Pérec, Queneau, Prévert, Cortazar, Boris Vian, Borges, Pessoa, Michaux, Soupaut, Char… la liste est impossible, elle s’allongerait toujours plus loin si on allait chercher dans le passé, et en mêlant tous les genres, le théâtre aussi: Büchner, Brecht, Novarina. Je parle ici de ces auteurs car je veux les remercier; remercier aussi toutes les plumes d’aujourd’hui qui écrivent des mots à changer le monde, des mots à faire mûrir les fruits, des mots qui libèrent et qui portent.