Intelligence artificielle

Les textes en italique ont été écrits uniquement en choisissant les mots proposés par le système de suggestion T9 de mon téléphone.

 

Mon téléphone a plus d’intelligence sociale que moi.

Il écrit:

Coucou ma belle journée à toi et aussi à demain matin

Bonjour à tous ceux qui ont été très heureux

Bonjour à tous les enfants et à tous les trois et à tous ceux que vous avez fait en profiter

Bonjour à toi aussi

Bonjour à vous deux et bonnes journée aujourd’hui je vous aime

Bonjour je voulais savoir comment vous allez

Mon téléphone dit bonjour, il prend des nouvelles des gens, il leur dit des choses positives.

 

Il écrit:

Coucou ma belle journée bisous à bientôt bisous bisous à bientôt bises bises à bientôt

Il n’a pas peur d’être très démonstratif dans ses manifestations d’affection.

Mon téléphone a adopté quelques tics de sa propriétaire. Il est souvent désolé.

A partir d’un seul mot, il peut dérouler le fil de la langue. Il ne se soucie pas de logique. Il dit ce qui lui passe par la tête.

Neige à Paris à côté de chez moi

Soleil au square de loisirs de fête des enfants et des ateliers d’artistes

Vent de soleil sur la mer

Nuages à partir de demain

Pluie de pluie en pleine nuit

Soleil à côté de la piscine avec les deux petits travaux

Soleil et soleil sur le parc

Travaux à faire tenir

Je suis en route vers la fin

Je ne sais même pas pourquoi tu me disais que ça serait possible de te faire tenir par la tête et

Je suis désolée

 

Je devrais m’en remettre plus souvent à mon téléphone.

Je suis désolée mais j’ai trop de choses à faire tenir un peu de temps pour qu’il y ait des enfants et que ça nous ne soit plus possible

Travaux (attention)

Bobcat. Un bulldozer, sur chenilles. Il est équipé d’une vrille tournante, il fait des va-et-vients au milieu du carrefour avant de choisir le point faible où il attaquera le sol. Autour de lui des hommes avec un gilet fluo, d’autres sans gilet fluo pour marquer leur supériorité hiérarchique, tous sur la tête le casque de chantier blanc réglementaire – privilège des supérieurs de supérieurs que de venir sur le chantier tête nue. C’est au croisement de deux rues ; il y a déjà un trou dans le sol, d’où s’échappent des histoires de ville – sous l’entassement des canalisations et les remblais humides gisent des vestiges anciens, des pièces de monnaies perdues par des ouvriers du siècle d’avant, des tuyauteries en fonte et d’autres en plastique ; mais où est partie la terre que la pelleteuse a enlevée, la terre déposée un jour de pluie dans un camion benne ? Elle n’était pas d’ici, elle était de passage : la terre et les pierres que nous voyons dans les villes ne sont pas des résurgences du sol originel. Les petits cailloux, le sable, l’argile qui ont été excavés venaient d’ailleurs, immigrés depuis un autre trou creusé par d’autres pelleteuses, ou par les pelles de travailleurs suant au bord des routes, quelque part dans l’arrière-pays. La terre était simplement là pour remplir le vide entre les tuyaux. C’est par elle que tenait la ville. On l’a renvoyée sur un bas-côté, dans une périphérie où elle connaîtra quelques temps les privilèges de la lumière et des radicelles.

Un homme blanc dirige la machine, il porte une chemise, des lunettes noires, il percera le sol avec violence pour y faire passer de nouveaux tuyaux : la ville a soif d’électricité, de haut débit, d’eau, de gaz ; ici on vit dans de vieux immeubles dont le confort augmente sans cesse et on ouvre la fenêtre dès le matin car il fait chaud : l’été est loin d’être terminé, on continuera jusqu’en novembre à profiter de soirées douces, les musiciens tiendront le trottoir, les parades passeront, les touristes aussi ; par la fenêtre ouverte pendant que le café gargouille on entend les travaux qui coupent la circulation au croisement de la rue Bourbon et de la rue Saint Pierre; à vol d’oiseau le Mississipi n’est pas loin qui emporte tout vers la mer.

Un homme porte une grille de protection, un autre ramasse des gravats – ils sont noirs, ils connaissent leur métier, s’étirent et dansent dans la lumière du matin. La vrille a brisé la partie supérieure de la chaussée comme une coquille d’oeuf. Ils vont déblayer et creuseront encore. Coquille, blanc, jaune; bitume, remblais, tuyaux.

Boule de neige

J’ai proposé à un groupe de personnes de contribuer à un texte de façon contributive en mode « boule de neige ». Les contraintes étaient les suivantes:

  • Un texte de départ sur un document partagé enfle au fil des ajouts des uns et des autres; ces ajouts se font directement dans le texte qui va donc gonfler progressivement
  • Les participants ne doivent pas insérer plus de 4 mots par insert
  • Ils ont le droit à autant d’inserts qu’il le souhaitent

Voici le monstre dans le détail de son enflure progressive…

Capturenb

Capturefd

B3

B445

B5

Le résultat est (sans surprise) très éloigné de René Char. Où ça nous mène? Je ne sais pas. Mais c’est rigolo.

Le choix du sujet

Capture

Quand j’était plus petite d’une dizaine d’années, j’ai eu très envie d’initier un échange régulier écriture/photo avec une personne de ma connaissance. Cela n’a pas été possible et je suis restée sur ma faim. J’ai relancé ce projet cette année en lançant quelques bouteilles à la mer à la recherche de personnes qui seraient volontaires pour assumer la partie visuelle de ce petit dialogue texte-image. Cela a donné l’ébauche de « Semaine contrainte » qui se complétera doucement (Sophie, si tu me lis… ce serait un tel bonheur d’arriver un jour au dimanche !).

Dans « semaine contrainte » les textes font 365 mots et j’ai choisi de me donner des règles ou contraintes d’écriture (effet boule de neige, palindrome textuel dans les deux permiers cas – je choisi à chaque fois de façon très rapide et intuitive, c’est en quelque sorte dicté par l’image).

Je suis très attachée à l’idée qu’il y ait une forme d’échange dans l’histoire. La personne d’en face est partie prenante dans le processus. Elle choisit les photos qu’elle me soumet, elle peut adapter ses choix en fonction ce que j’ai écrit autour des images précédentes. Elle peut me fournir des photos du jour ou d’il y a dix ans. Elle peut me compliquer ou me faciliter la tâche. Elle pourrait me suggérer des pistes ou des contraintes d’écriture. Il y a un jeu entre nous.

– D’ailleurs je serais ravie de jouer aussi la partie images pour quelqu’un d’autre–

Mais cela me rend dépendante d’un tiers, et si ce dernier ne veut plus jouer, je suis embêtée.

Je me suis dit que je devrais pouvoir trouver sur internet la matière visuelle dont j’avais besoin pour me nourrir. L’objectif : trouver un photographe du dimanche dont les photos me parlent, et qui les publie avec une certaine régularité ; et pendant un certain temps jouer avec ses images, en leur donnant un pendant de fiction.

Sur Instagram, je suis tombée sur le photographe du métro de Bruxelles : https://www.instagram.com/krekgreg/

Des silhouettes se croisent, des trains passent. Beaucoup de circulation. Des stations de métro. J’aime assez la matière qui est dans ces photos – matière de corps en déplacements, de lieux à partager, de s’éviter ou de se voir – mais je crains la claustrophobie.

Et aussi sur la fin, alors que j’allais abandonner, une intuition : une webcam filmant la foule pourraient être intéressante. La recherche « Streetwebcam » sur google me renvoie là : https://www.earthcam.com/usa/louisiana/neworleans/bourbonstreet/?cam=bourbonstreet

Un rat traverse la rue. C’est la Nouvelle-Orléans, la nuit.

Un homme arrive portant un seau, un grand pot de peinture ou un bac à pop-corn format XXL. Il se penche au dessus du seau tout en le posant à terre et semble y chercher quelque chose – des sorte de manches noires qu’il enfile sur ses bras – il met aussi un bonnet bleu sur sa tête – puis il tend un bras en avant – il porte une sorte de survêtement de sport il reste là devant son seau avec son survêt’ et son bonnet sur la tête il se fige un bras en avant, une jambe en arrière, immobilisé à l’angle de Bourbon Street (au bout d’une vingtaine de secondes une voiture apparaît exactement depuis la direction qu’il pointe du doigt) – il pointe avec une main vers l’avant et ne bouge plus et si on regarde bien on voit son bras qui s’affaisse comme l’aiguille d’une montre, la main finit par descendre vers le sol et au bout d’un moment, 2 minutes environ, le bras tombe – le poids d’un seul bras tendu déséquilibre tout le corps, tout est perdu, l’homme tremble s’ébroue se redresse, secoue ses pied, puis reprend la pose du sprinter – sauf qu’il change de côté, main gauche devant, à présent, et pied droit. Tout en restant sur place et immobile il alterne main gauche et pied droit devant, main droite et pied gauche devant. Si l’on regardait plusieurs photographies on pourrait croire que c’est un homme qui court souvent à l’angle de Bourbon Street. En réalité c’est un homme qui prend la posture d’un homme qui court à l’angle de Bourbon Street.

D’autres silhouettes passent ; filles et garçons, touristes. Un homme s’adresse au sprinter à un moment où il est entre deux foulées. Quelqu’un traverse le carrefour avec sur le visage un masque figurant une tête de mort. Memento mori.

Poésie familiale

Je te porte et te comporte, petit père

 

Puis tu es là

Je te tiens et te soutiens

 

Tu es là et tu me le fais savoir

 

Je suis là

Je te tiens et te soutiens, petit père

 

Puis tu apprends à marcher

Tu apprends à parler

 

Tu es là

Et tu me le fais savoir

 

Je suis là

J’apprends à t’écouter, petit père

Dis moi encore des mots

 

——-

 

Un homme ayant un accident de vélo se heurta dans la réalité

et perdit connaissance

 

Cet homme, c’était mon père

 

Et avec lui je perdis connaissance

 

Tout comme les 61 marchandes du marché de la rue Mouffetard

quand Bachir assomme la sorcière

 

 

Une ville 3/5

bureau

3/

Une porte métallique étroite entourée de hautes grimpantes – binione, chèvrefeuille ou simplement lierre, ou bien tout cela mélangé – et les deux petites tourelles de pierre qui l’encadrent de part et d’autre, surmontées d’un petit chapiteau carré, cachées à demi par les feuilles, l’été. Derrière, la route que l’on aperçoit à travers les barreaux de la partie haute de la grille, la route avec le virage dangereux en descente qui aboutit juste devant la grande grille donnant sur le garage, le virage que l’on peut observer dans un drôle de miroir déformant pour savoir si la voie est libre, le miroir posé là, un peu en hauteur, en face du mur qui monte vers la maison d’en face, maison un peu fortifiée avec ce haut mur sans fenêtre donnant sur la route, et entre le mur et la route pas de trottoir, on ne marche pas le long de cette route. La maison d’en face est occupée par un couple que l’on ne voit jamais. On aperçoit le bord du toit de leur maison au dessus du mur. Un petit escalier de pierre et une porte. Il doit y avoir un garage quelque part, plus loin sur la droite ou sur la gauche. Des voitures passent le jour et la nuit, des motos, des vélos parfois. Les feuilles des plantes grimpantes qui couvrent les grilles tremblent lorsque les voiture passent, le vent des voitures les fait trembler, et on entend les conducteurs passer la vitesse inférieure à cause du virage, puis très vite le bruit s’estompe alors que les feuilles tremblent encore.

5/

Le tout petit port de Mémart, même. Là c’est peu profond, ça plonge doucement avec des arbres têtards le long de la digue, aux jumelles on ne voit que quelques petits bateaux cachés entre deux bosquets de roseau, une jetée. Mais il est difficile de parler de jetée à Mémart, c’est timide, c’est plutôt une aspirée qui pointe timidement vers le lac. Remontons ensuite les canalisations pour arriver à la station d’épuration de Brison, récente, de forme géométrique, autour de laquelle l’eau se décante de bac en bac, station d’épuration plate qui s’étale en quatre directions, comme le ferait une rose des vents placée là pour dire ici le vent d’Autan, ici le Mistral, ici la Tramontane, ici le vent du Nord. C’est le vent du bord qui souffle le plus souvent par dessus le lac, le vent du bord du lac, celui venu du bord opposé, souffle ou brise, qui fait glisser silencieusement des nuages de rides d’un bord à l’autre à la surface de l’eau. Brison ce n’est pas juste « Brison », c’est « Brison-Saint-Innocent », comme on dirait « Brûlon-Sainte-Ursule ». Saint-Innocent possède une route, et une pointe. Sur cette pointe il y a un arbre. La pointe s’appelle par erreur de dyslexie la pointe de l’ardre. Saint-Innocent ne connaît pas son alphabet, mais ses mains sont pleines de galets. A la plage on hume le goût de terre dans l’eau, on se tord les pieds, on ramasse les capsules de canettes de bière écrasées par les voitures pour les mettre dans les distributeurs de balles rebondissantes.

Une ville 1/2

76 route

1/

Elle avance entre les deux battants de la grille. Autour le feuillage dense, haie pas trop taillée aux bras grimpant sur les tiges de métal, passer devant la porte du garage, ses étagères emplies de vieux vélos, de trucs, de choses, essence, humidité. Les petits graviers crissent, les plantes grasses croissent, amas de formes fractales et plus ou moins obscènes, vert sombre, entassées sur un fin substrat de terre dans des creux de roche dont on ne sait trop si ils ont été creusés ou non pour elles. La porte est là, peut être ouverte, peut-être rouge, avec une vitre dépolie au milieu, là où à Noël, une fois au moins, elle se souvient avoir vu sa mère accrocher une couronne de sapin ornée de bricolages d’enfants. On n’entre pas, à l’intérieur il fait froid, elle continue vers le jardin car c’est le jardin qu’elle a envie de revoir, le jardin qui descend, jardin étagé, jardin d’été et d’hiver, jardin aux primevères des jours froids, jardin aux fraises des bois et groseilles et mirabelles des jours chauds. Sur sa droite elle ne prend pas les quelques marches qui mènent au petit balcon dont la colonnade court le long du mur et s’arrête à l’angle, le petit balcon d’où l’on voit le lac, petit balcon qui donne sur la porte de la loggia où l’on mange en été des cracottes avec du beurre et de la confiture, elle descend, passe devant les fenêtres à demi enterrées et entourées de verdure de la cuisine du bas, arrive à la porte de la loggia du bas, à l’intérieur de laquelle il y a ce transat dont le tissu représente une mobylette et qui a la particularité de pouvoir se balancer d’avant en arrière, et sur son chemin lorsqu’elle passe l’angle de la maison il y a encore ces petits graviers blancs et gris, un massif touffu des plantes le long du mur dont son grand-père aimait s’occuper, parmi lesquelles un bananier qui ne porta jamais de fruits, des campanules, et diverses autres essences dont elle ne connaît pas le nom et qui se distinguent à peine les unes des autres. Tout au bout, à droite du grand buis qui faisait une si incroyable cabane, c’est l’escalier moussu qui mène à l’atelier, et à cette grande table de bois où vient se visser l’étau.

 

2/ Vue fixe

La façade de la maison est élevée de deux étages, mais on ne voit distinctement que le premier, car on manque de recul. Une porte est là, entre deux supports destinés à des plantes grimpantes qui n’y grimpent pas beaucoup, au dessus d’un petit perron (une ou deux marches). De part et d’autre de la porte, des bacs de pierre imitant la roche portent des plantes grasses. A droite, une porte-fenêtre donne sur une pièce dont on ne distingue pas l’intérieur. Les volets, de fins volets métalliques, sont ouverts. Plus loin, une large porte de couleur sombre – un garage. Le crépi de la façade devait à l’origine être d’un jaune pâle joyeux, il a terni. Au sol, des graviers de forme oblongue, lisses et doux. A gauche de la porte d’entrée, le mur continue sur 5 ou 6 mètres, à demi couvert pas une plante grimpante, mais ne présente pas d’autres fenêtres avant l’angle.

Vie active

dans ma tête c’est un petit pois

connaisseuse de tout

spécialiste de rien du tout

 

j’ai travaillé dur

je n’ai pas compté mes heures

j’ai donné

j’ai coupé des ongles

j’ai eu un enfant

mon enfant était malade

j’ai eu deux enfants

mon enfant n’était pas né

j’ai eu trois enfants

mon enfant ne grandissait plus

 

j’ai travaillé dur

j’ai changé de travail

j’ai nettoyé des bureaux

j’ai dessiné des plans

j’ai répondu au téléphone pendant quarante ans

debout

j’ai été seconde responsable

sur un poste fusible à haute responsabilité

fusillée

j’ai tenu mes engagements

coupé des cheveux

travaillé le dimanche

travaillé le samedi

pour mes enfants

 

j’ai fui la guerre

j’ai quitté mon métier

j’ai suturé des artères

j’ai lavé des chemises

souri à la clientèle

tenu la caisse

tenu la boutique

 

j’ai été dynamique

j’ai été en retard

j’ai eu la vocation

j’en ai eu assez

j’ai menti sur mon âge

j’ai monté une affaire

j’ai renoncé à mon métier

 

j’ai appris

à dire

non

 

je n’ai rien appris

je n’ai pas vu mes enfants

grandir

j’ai changé de métier

 

j’ai été remerciée juste avant ma retraite

que je ne toucherai pas

j’ai négocié mon départ

j’ai fait un burn-out

c’est mon dos qui m’empêche

de travailler comme avant

 

j’ai appris à

positiver

 

j’ai lavé des verres

parlé anglais

parlé polonais

parlé espagnol

parlé russe

parlé ukrainien

parlé swahili

parlé français

managé une équipe

j’ai adoré mener mon projet à bien

 

j’ai abandonné

 

j’ai souffert que mes compétences ne soient pas valorisées

je n’ai pas les diplômes

je n’ai pas les diplômes correspondant à mon expérience

on m’a fait confiance

j’ai trouvé un tuto sur internet

j’ai fait un benchmark

je me suis adressée à la chambre des métiers

 

je n’ai jamais rien compris à l’informatique

j’ai commencé une licence d’anglais mais je voudrais être céramiste

je voulais être policière

je veux être agente immobilière

le prêt à porter de luxe

c’est usant

 

je veux être conseillère pôle emploi

 

j’ai un rendez-vous

on ne répond pas à mes lettres de motivation parce que je n’ai pas de licence

je n’ai qu’un bac +2

je n’ai pas le bac

j’ai fait HEC et je vous

emmerde

je n’en

peux plus

 

je veux travailler en équipe

j’aspire vivement à rejoindre votre entreprise au

sein de laquelle je pourrai investir pleinement mes

compétences multiples et ma faculté d’adaptation

dans un domaine compétitif et rémunérateur

pour mes enfants