Intelligence artificielle

Les textes en italique ont été écrits uniquement en choisissant les mots proposés par le système de suggestion T9 de mon téléphone.

 

Mon téléphone a plus d’intelligence sociale que moi.

Il écrit:

Coucou ma belle journée à toi et aussi à demain matin

Bonjour à tous ceux qui ont été très heureux

Bonjour à tous les enfants et à tous les trois et à tous ceux que vous avez fait en profiter

Bonjour à toi aussi

Bonjour à vous deux et bonnes journée aujourd’hui je vous aime

Bonjour je voulais savoir comment vous allez

Mon téléphone dit bonjour, il prend des nouvelles des gens, il leur dit des choses positives.

 

Il écrit:

Coucou ma belle journée bisous à bientôt bisous bisous à bientôt bises bises à bientôt

Il n’a pas peur d’être très démonstratif dans ses manifestations d’affection.

Mon téléphone a adopté quelques tics de sa propriétaire. Il est souvent désolé.

A partir d’un seul mot, il peut dérouler le fil de la langue. Il ne se soucie pas de logique. Il dit ce qui lui passe par la tête.

Neige à Paris à côté de chez moi

Soleil au square de loisirs de fête des enfants et des ateliers d’artistes

Vent de soleil sur la mer

Nuages à partir de demain

Pluie de pluie en pleine nuit

Soleil à côté de la piscine avec les deux petits travaux

Soleil et soleil sur le parc

Travaux à faire tenir

Je suis en route vers la fin

Je ne sais même pas pourquoi tu me disais que ça serait possible de te faire tenir par la tête et

Je suis désolée

 

Je devrais m’en remettre plus souvent à mon téléphone.

Je suis désolée mais j’ai trop de choses à faire tenir un peu de temps pour qu’il y ait des enfants et que ça nous ne soit plus possible

Image/jour #3 /// arbre, mode d’emploi

Photographie Stewen Corvez – « Une image et le jour »

 

En bas de l’arbre vivent les mollusques et les termites à peau noire qui creusent sous les racines.

La branche faîtière est occupée chaque été par un couple de merles.

Les branches basses ne portent pas de grandes feuilles car elles ne touchent pas la lumière.

Les tiges portant des feuilles sont souples comme des doigts et vertes comme des citrons.

La seconde branche en partant du bas a tendance à pencher vers le sol. Des enfants l’utilisent pour monter à l’arbre.

Le centre de l’arbre est plein. Il n’est cependant pas impossible qu’il y ait quelque part un gîte de hibou ou une ruche.

Sur la peau de l’arbre on voit des rides et des bosses, et de la mousse au nord : verte, épaisse de quelques centimètres. Elle monte jusqu’à mi-hauteur du tronc, ce qui est remarquable.

La circonférence du tronc à sa base est d’environ cent quinze centimètres. Sa hauteur est de deux cent quatre vint quatre centimètres.

Un champignon s’étale entre deux racines, au sud.

Une bande de fourmi fait régulièrement des aller-retours entre la quatrième branche en partant du bas et le sol, sans qu’il y ait de raison visible justifiant qu’elles effectuent ce trajet. Quand une fourmi meurt en route, les autres fourmis emportent son cadavre avec elles.

Le tronc porte des branches qui portent de plus petites branches qui portent à leur tour des brindilles qui portent des feuilles.

En hiver, il n’y a pas de feuilles.

Quand on regarde les feuilles de l’arbre depuis le sol, on voit des nuances vert tendre et d’autres presque jaunes. Les feuilles en contrejour sont bleues sombre. Quand le vent souffle, elles s’agitent, de telle sorte que l’on pourrait croire que c’est leur mouvement qui provoque les courants d’air.

Les daltoniens voient les feuilles de la même couleur en été en en automne.

L’arbre respire par ses feuilles et par ses oiseaux.

Tout le reste – petits insectes, écureuils, mousse au creux des branches – nécessite de la patience.

L’arbre est patient.