Les écrits qui portent

Longtemps j’ai lu sans discernement et comme on fuit le jour. Puis on m’a donné de la lumière.

J’ai croisé les mots d’auteurs qui faisaient surgir en moi l’envie d’écrire. De ceux qui t’invitent à faire avec eux le voyage d’hiver. De ceux dont les mots ne ferment jamais de portes mais ouvrent toujours un peu plus loin le champs des possibles.

Enfant, j’avais une perception très naïve et simple du rapport que j’entretenais avec les livres que je lisais. Lire, c’était comme jouer d’un instrument de musique. Avec le recul, ce n’est pas toujours vrai. Selon les auteurs, on se retrouve parfois uniquement dans la position d’une personne qui écoute, embarqués dans un dispositif où notre intelligence et notre sensibilité ne sont pas réellement actives mais plutôt passives. Et c’est là ce qui différencie définitivement les « vrais », les « beaux » livres des moins beaux: ils nous offrent le plaisir du jeu, ils nous font grandir, ils nous aiguillonnent et nous glissent le stylo à la main.

Pérec, Queneau, Prévert, Cortazar, Boris Vian, Borges, Pessoa, Michaux, Soupaut, Char… la liste est impossible, elle s’allongerait toujours plus loin si on allait chercher dans le passé, et en mêlant tous les genres, le théâtre aussi: Büchner, Brecht, Novarina. Je parle ici de ces auteurs car je veux les remercier; remercier aussi toutes les plumes d’aujourd’hui qui écrivent des mots à changer le monde, des mots à faire mûrir les fruits, des mots qui libèrent et qui portent.

Publié par

Ana Ressouche

Ana Ressouche a fini d’hiberner et habite une maison à construire.

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